La ligne nouvelle Montpellier – Perpignan : le chaînon manquant
La réalisation d’un axe à grande vitesse reliant la France et l’Espagne est un projet européen prioritaire. Or quand est-il ?
- Au Sud, la section espagnole entre Barcelone et Figueras est actuellement en cours de travaux, de même que la section internationale entre Figueras et Perpignan, pour une mise en service prévue début 2009.
- Au Nord, RFF met en œuvre le projet de contournement de Nîmes et Montpellier, une ligne mixte (grande vitesse et fret) réalisée à l’horizon 2012/2013.
- Entre ces deux extrémités, la ligne actuelle Montpellier Perpignan apparaît comme le chaînon manquant.
D’autre part, la ligne actuelle Montpellier Perpignan, bien que bénéficiant d’un programme de modernisation en vue d’en accroître la capacité, devrait arriver à saturation à l’horizon 2020 selon les prévisions de trafic établies par RFF à l’occasion du projet de contournement de Nîmes et Montpellier.
N’existe-t-il pas déjà un projet ? Pourquoi n’a-t-il pas été réalisé ?
Au début des années 90, des études ont été engagées visant la réalisation d’une ligne nouvelle exclusivement grande vitesse, de Montpellier à la frontière espagnole. L’Avant Projet Sommaire de la LGV Languedoc-Roussillon a été approuvé le 9 mai 1995 et le projet qualifié de Projet d’Intérêt Général en décembre 2000-janvier 2001. Mais ce projet, conçu avec la seule vocation d’assurer les déplacements longue distance des voyageurs à une période où les échanges avec la péninsule ibérique étaient encore limités, n’a toutefois pas reçu de traduction concrète du fait de sa faible rentabilité.
Aujourd’hui, la donne a changé …
- Réalisation de deux sections de lignes nouvelles aux extrémités Nord et Sud ;
- Accroissement important des échanges avec l’Espagne : 135 millions de tonnes en 2003 de l’ordre de 200 millions de tonnes attendus en 2015 à travers les Pyrénées ;
- Boom démographique du Languedoc-Roussillon : + 500 000 habitants d’ici 2020 augmentant d’autant les besoins en déplacements régionaux, dont la caractéristique est, de plus, d’être très concentrés sur le littoral ;
- Existence d’autres projets d’infrastructure ferroviaire dans le Grand Sud : LGV Bordeaux-Toulouse, LGV PACA.
C’est justement la prise en considération de ces nouvelles données qui appuie la question de la pertinence d’une ligne nouvelle entre Montpellier et Perpignan, et nécessite de nouvelles études préalables. Ces dernières devront intégrer non seulement l’enjeu de la grande vitesse mais aussi des déplacements régionaux et du fret, ce qui n’avait pas du tout été envisagé dans le premier projet. Elles aborderont aussi la question de la capacité des infrastructures ferroviaires à répondre aux croissances du trafic. Cette redéfinition du projet de ligne nouvelle étudiera donc en particulier une éventuelle mixité voyageurs / fret de la ligne nouvelle..
Premier comité de pilotage des pré-études fonctionnelles
Le 20 juin 2006, sous la présidence de Michel Thénault, préfet de Région, s’est tenu un premier comité de pilotage réunissant les 12 collectivités locales concernés.
RFF, en liaison avec la SNCF, leur a présenté le dispositif des pré-études fonctionnelles. Celles-ci porteront sur les fonctionnalités et les caractéristiques de la ligne nouvelle, et aborderont de nombreuses thématiques : prévisions de trafic (voyageurs / fret), aménagement du territoire, desserte urbaine et accessibilité des gares, études techniques, environnementales et ferroviaires (capacité / exploitation). D’une durée d’environ un an et demi, elles construiront et compareront des scenarii contrastés. Elles devraient être lancées à l’automne 2006, afin de préparer le débat public qui pourrait se tenir à l’horizon 2008.
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